TEST LOGICIEL : Autodesk Softimage 2013
Soumit par Menet le samedi, 27/04/2012

 

Softimage 2013
Autodesk Windows/Linux
 
Softimage poursuit sa carrière chez Autodesk et s'enrichit au fil des versions. Les deux principales nouveautés de cette version sont : CrowdFX et High Quality Viewport. CrowdFX apporte à ICE de nouveaux modules pour la création et gestion de foules. 

CROWDFX

Softimage a été l'un des premiers soft à gérer l'animation de foules. Le module Behavior  faisait la fiereté de la version Advanced de Softimage (au temps d'Avid). Il avait été abandonné avec l'introduction de ICE. Il faut dire qu'avec ICE on pouvait intervertir un personnage et une particule, ainsi l'on pouvait recréer une foule de personnages rapidement. CrowdFX - à la manière de Lagoa en son temps - veut ammener de nouveaux venus à ICE et simplifie donc le processus à l'aide d'assitants (dans le menu ICE). CrowdFX est tres puissant à l'usage : on peut définir les acteurs mis en scène dans la foule, leurs animations (préalablement stockées dans le mixer). Ensuite il faut définir une zone d'émission puis des obstacles ou des objets à atteindre. Les possibilités sont infinies et la possibilité de rajouter des modules ICE satisfera les plus exigeants. CrowdFX a été clairement destiné à attirer les utilisateurs d'autres logiciels 3D : les foules peuvent être facilement exportées dans 3ds max ou maya (via FBX). 
Après avoir visionné les quelques vidéos de démo vous aurrez rapidement compris la simplicité et la puissance de ce module. Pour réaliser des effets avancés, il faudra cependant pas mal de pratique, car ce module ne vous dispense pas de réaliser des cycles de marche, de course afin que vos personnages soient animés de manière réaliste. Vous pouvez paramétrer la vitesse des personnages, leurs actions, leurs réactions et faire en sorte qu'ils ne rentrent jamais en collision. Nous regrettons que les instances n'héritent pas automatiquement des matériaux des objets originaux (bug?). Enfin signalons que le vitesse d'exécution est satisfaisante, mais il faut veiller à ne pas utiliser des modèles trop détaillés. CrowdFX dispose de deux types de simulation : la marche (où les modèles déambules sur des terrains avec collisions et obstacles) ou bien des gradins (pour simuler des stades). CrowdFX est une véritable nouveauté : peu d'utilisateur de Softimage l'attendait et cela étend les possibilités de ICE.
Sachez que d'autres modules ICE peuvent réaliser des foules : 
http://www.oasys-software.com/massmotion.html
http://vimeo.com/13808377
 

HQV

High Quality Viewport est un module que de nombreux infographistes sous Softimage attendaient. En effet, le viewport de Softimage n'a pas connu d'améliorations sensibles depuis l'introduction des shaders en 2003 ! Face au Viewport 2.0 ou bien  Nitrous de 3ds max, la 3D de Softimage semblait venir du moyen age ! Le parti pris de l'équipe de Softimage a été de créer un mode supplémentaire plutot que de modifier ceux existants. C'est un bon choix, car les utilisateurs qui ont besoin de puissance pourront utiliser les anciens modes de représentation qui ont 
l'avantage d'être particulièrement rapide - même comparé à ceux de 3ds max ou Maya . Lorsque vous passez en mode HQV, le logiciel freeze quelques secondes le temps nécessaire à Softimage de complier tous les shaders en CgFX (nVidia MetaSL). Cette opération est assez longue et surtout elle intervient à chaque changement : vous rajoutez une lumière et la scène est re-évaluée. Dans la pratique HQV peut être utilisé pour modéliser un objet simple. En revanche, pour des modèles complexes il est quasi impossible de travailler en HQV. D'autre part, HQV est truffé de bugs. Il faut dire que le travail de transposer les shaders mental ray en leur équivalent temps réel est un travail 
particulièrement complexe : les textures procédurales doivent être converties, les lumières avec leurs paramèrtres, les multiples mixers et effets du render tree sont généralement bien restitués. Le gros problème de HQV vient du fait que toutes ces données sont envoyées à la carte graphique qui n'est pas toujours capable de supporter de telles scènes : le GPU ou la mémoire vidéo 
peuvent être très vites surchargés. Du coup, ne cherchez pas à utiliser l'antialiasing à fond ou à pousser les samples à leurs maximum ! Nous avons subi dans ce mode d'affichage de nombreux plantages (qui ont nécessité de redémarer le système, chose devenue rare sous Windows 7) et beaucoup d'artefacts. C'est d'autant plus dommage que le reste du software nous a semblé particulièrement stable. Bref, vous l'aurez compris nous avons un avis réservé sur HQV. La qualité du rendu proposé en temps réel varie en fonction des effets : les materiaux phong, architectural (...) sont bien rendus en revanche les reflexions  sont limités aux environnements (spherical ou autre, ne vous attendez pas à avoir de vraies réflexions des objets de la scène...), les ombres de type shadow map sont bien restituées et l'on peut réaliser des ombres douces de qualité satisfaisante. L'ambiant occlusion est en revanche très en dessous de la qualité proposée pour 3ds max. A notre avis l'ambiant occlusion - en l'état - ne serre à rien. 
Autodesk devra rapidement mettre à jour HQV car il comporte de trop nombreux bugs. C'est fort dommage car l'initiative est bonne. Comment se fait-il qu'une entreprise qui regorge de talents et qui a réalisé cette opération dans le cadre de 3ds max, Maya ou Mudbox nous propose une 
fonctionalité si décevante ?
 

Les petites choses qui améliorent l'existant...

 
Softimage - tout comme le reste de la gamme Autodesk - bénéficie de deux mises à jour par an. Les souscripteurs recoivent vers le mois de septembre une version dite "SAP" (Souscription Avantage Pack). Ainsi Softimage a bénéficié de certaines améliorations héritées de Maya : on double click sur un ensemble de polygones et tous les polygones ratachés sont sélectionnées. Idem pour les "ring" de segments... Toutes ces petites améliorations sont les bienvenues et améliorent le passage d'un logiciel à un autre. Il serait dommage que les logiciels d'Autodesk ne bénéficient pas des avancées de leurs confrères. Les utilisateurs de suite Autodesk seront également 
râvis d'apprendre que Softimage se dote - en option - des racourcis claviers et souris de 3ds max. Cette uniformité d'ergonomie est très importante si Autodesk veut  favoriser l'usage de plusieurs produits. Le chemin est encore long sur cette voix car les logiciels conservent une part de leurs originalité. Rapellons que le Gizmo (les flèches qui permettent de faire des translation, rotation ou scaling) sont issues de Maya : les logiciels bénéficient grandement des apports mutuels. Dans ce cadre, nous avons adoré le Retiming dans l'animation. Cette fonctionnalité commune à Maya, 3ds max et Softimage est un exemple qui illustre le bienfait des 
fonctionnalités partagées. Avec Retiming vous pouvez changer le timing de vos animations de manière très intuitives (encore plus facilement qu'avec la touche "Q").
 
Au final, cette version n'a pas beaucoup de panache. Bien sûr Autodesk ne peut pas sortir un module aussi innovant que ICE à chaque release, mais dans le cas du millésime 2013, il n'y a pas beaucoup de nouveautés. Heureusement, certains bugs ont été corrigés et l'application - en dehors de HQV - est particulièrement stable. Nous apprécions que les plugins des versions précédentes passent généralement bien avec la version 2013. Espérons qu'Autodesk poursuive ses efforts de partager les bonnes idées sur l'ensemble de sa gamme car il y a des domaines où Softimage doit combler son retard (texturing, painting, ergonomie, rendu, qualité des exports...). Certaines de ces lacunes sont heureusement comblées par des plugins (Exocortex propose un export Alembic, des modules ICE et des plugins pour l'animation). Notons également que Softimage accepte désormais de nombreux moteurs de rendu : Maxwell, 
Octane, VRay, Thea, Indigo, 3Delight, Arnold, Luxrender, Arion... Ce dynamisme au niveau des moteurs de rendu n'est-il pas un signe que la plateforme Softimage est de plus en plus utilisée ? Car même si cette mise à jour est assez pauvre en nouveauté, il n'en demeure pas moins que Softimage reste une valeur sûre. Sous l'aire Autodesk,  il semblerait même que Softimage soit un atout majeur pour vendre des suites qui regroupent 3dsmax (ou Maya), Mudbox, Motion Builder et Softimage. A ce propos, Autodesk s'il veut conserver l'intérêt de ses suites doit maintenir un bon équilibre entre l'originalité de chaque produit qui la compose et une parfaite  interopérabilité entre les logiciels. Car il n'est pas aisé pour un infographiste de maîtriser et d'être efficace sur trois softs différents ! 
 
 
 
 
 
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